Fiche personnalité "Le général de division Guy Simon : un siècle d’honneur, de combats et de fidélité indochinoise
Mis à jour le 09 octobre 2026
Le 11 août 2026, à l'aube de ses cent ans, le général de division Guy Simon s'est éteint, laissant le souvenir impérissable d'un grand chef militaire dont la droiture et l'engagement ont marqué l'Histoire de France.
Des rizières d'Extrême-Orient à l'Algérie, puis accédant aux plus hauts cabinets de l'État, le général Guy Simon, ce grand serviteur de la patrie aura incarné, jusqu'à son dernier souffle, les plus hautes valeurs de l'esprit d'officier et de la fraternité d'armes.
SOMMAIRE
- Le baptême du feu et l'épopée indochinoise
- Le commando Dam San en Algérie : l'odyssée des soldats d'Extrême-Orient
- Des commandements opérationnels aux sommets de l'État
- Le gardien de la mémoire et le protecteur de ses fidèles compagnons
Le baptême du feu et l'épopée indochinoise
Fils de colonel, né en 1926, Guy Simon choisit naturellement la voie des armes. C'est sur la terre d'Indochine que le jeune lieutenant va forger sa stature de chef entre 1951 et 1956, servant notamment en Cochinchine au sein du 19e Régiment de marche d'infanterie coloniale (RMIC). Dans l'épreuve des combats, il développe un lien charnel et indéfectible avec cette région, ses cultures et ses peuples.
Marqué par des épisodes dramatiques mais oubliés, comme la terrible retraite d'An-Khê, il prend conscience de la valeur exceptionnelle des combattants locaux. Face au Viet-Minh, il apprend à commander non pas seulement avec l'autorité du grade, mais par une estime mutuelle profonde. Cette première étape de sa vie militaire pose les fondations d'un dévouement qui allait s'exporter sur un tout autre théâtre de guerre.
Le commando Dam San en Algérie : l'odyssée des soldats d'Extrême-Orient
C'est en Algérie française que le capitaine Guy Simon va définitivement entrer dans la légende militaire. En 1958, il reçoit le commandement d'une unité d'élite hors du commun : le commando d'Extrême-Orient, plus connu sous le nom mythique de commando Dam San. Cette troupe de choc possède une singularité absolue : elle est presque intégralement constituée de soldats d'origine indochinoise qui ont choisi de lier leur destin à la France après la chute de Dien Bien Phu.
Transplantés des rizières asiatiques vers l'aridité des djebels et des plateaux algériens, ces hommes font preuve d'une capacité d'adaptation et d'un courage exceptionnels sous les ordres de Guy Simon. Ensemble, le capitaine et ses partisans indochinois traversent le feu des opérations de contre-insurrection et se couvrent de gloire par leur sens inné du repérage et de l'infiltration. Jusqu'à la dissolution de l'unité à Alger en 1960, une solidarité sacrée unit le capitaine à ses hommes, scellée par les risques partagés et le sang versé en terre africaine.
Des commandements opérationnels aux sommets de l'État
Le retour en métropole ouvre pour Guy Simon le temps des hautes responsabilités et de la transmission. Breveté de l'École supérieure de guerre, il y revient quelques années plus tard en qualité de professeur, transmettant son expertise tactique aux futures élites de l'Armée de terre. Promu colonel, il prend le commandement du prestigieux 1er Régiment d'Infanterie à Sarrebourg de 1973 à 1975, le plus vieux régiment de France.
Élevé au rang de général en 1980, ses qualités intellectuelles et sa rigueur morale le conduisent au sommet de l'appareil d'État. De 1981 à 1983, il exerce les fonctions stratégiques de chef du cabinet militaire du Premier ministre Pierre Mauroy, naviguant avec brio dans les dossiers complexes de la Défense nationale. Il achèvera son parcours d'active comme gouverneur militaire de Nancy et commandant de la 4e division blindée, incarnant l'excellence de l'état-major français.
![]() Le capitaine Guy SIMON (à gauche) - Source Emmanuel Edoum sur Facebbok | ![]() DAMSAN - IMG_6210 @INCONNU |
Le gardien de la mémoire et le protecteur de ses fidèles compagnons
La grandeur du général Simon s'est surtout révélée lorsque les armes se sont tues. Pour lui, l'arrêt des combats ne signifiait pas la fin de la responsabilité du chef. Dès la fin de la guerre d'Algérie, il refuse d'abandonner ses soldats indochinois : il se dépense sans compter pour organiser leur transfert et leur intégration au sein du 1er RPIMa de Bayonne, puis pour faciliter leur insertion dans la vie civile française.
Face aux drames humanitaires des Boat-People dans les années 1970, il se porte au secours des réfugiés en prenant la présidence de comités d'entraide. Devenu un pilier de la communauté mémorielle, il dirige de 1986 à 2012 l'Association nationale des anciens et des amis de l'Indochine (ANAI). Élu également à l'Académie de Stanislas, il consacre ses décennies de retraite à défendre l'honneur de ses troupes et à pérenniser le souvenir de leur sacrifice.
Le général de division Guy Simon laisse derrière lui l'image d'un officier d'exception et d'un humaniste profond, dont la vie entière fut guidée par le sens du devoir. À l'heure où la patrie lui rendre un hommage national en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, la France perd l'un de ses plus nobles serviteurs. Sa mémoire, unie à jamais à celle de ses fidèles combattants du commando Dam San, continuera d'éclairer l'histoire militaire par son exemple de fraternité indéfectible.
Le général Guy Simon en quelques éléments
Postes tenus
- Sous-lieutenant (1948)
- Lieutenant en Indochine (1950-56)
- Capitaine en Algérie (1956-60)
- Stagiaire à l'Ecole supérieure de guerre (1962-64)
- Chef de bataillon au ministère des armées (1964-68)
- Lieutenant-colonel en Allemagne (1968-70)
- Professeur à l'Ecole supérieure de guerre (1970-73)
- Colonel commandant le premier régiment d'Infanterie à Sarrebourg (1973-75)
- Chef adjoint de cabinet du chef d'état-major de l'armée de terre (1975-76)
- Adjoint à l'inspecteur général de l'armée de terre (1976-81)
- Général (1980)
- Chef de cabinet militaire du Premier ministre Pierre Mauroy (1981-83)
- Gouverneur militaire de Nancy, commandant la 4e division blindée et la 61e division militaire territoriale (1983-85)
- Président de l'Association nationale des anciens d'Indochine et du souvenir indochinois (1986-2013)
- Président du Comité national d'entraide franco-vietnamien, franco-cambodgien et franco-laotien (1988-93)
- Vice-président du Comité national d'entente des anciens d'Indochine (depuis 1986).
Œuvres
- Grammaire et lexique rhadés (1955)
- Chroniques de Cochinchine (1951-1956) (1995)
- le Commando d'Extrême-Orient (1992).
Décorations
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Grand-croix de l'ordre national du Mérite
- Croix de guerre des T.O.E.
- Croix de la Valeur militaire
Retrouvez en vidéo le départ du général en scannant le QR code ci-dessous.
Face au dôme des Invalides, sous l’œil de l’Empereur, un prestigieux général de France marcha une dernière fois, enveloppé de nos couleurs, porté par des soldats.
Pour aller plus loin, vous pouvez suivre ces liens :
La Commission recueille la parole des Harkis,
déposez votre témoignage :
Vous êtes Harki ou descendant et vous souhaitez témoigner ? Déposez sonos, photos, vidéos, documents en remplissant le formulaire dédié : je dépose mon témoignage
► POUR MÉMOIRE, les dossiers de réparation sont instruits par l'Office national des combattants et des victimes de guerre qui vous accompagne dans la constitution de votre dossier et pour toutes questions sur son suivi. Pour cela appelez le numéro vert 0801 907 901.
Fiche personnalité "Madame Malika GHERDIS", psychanalyste et autrice
Après avoir grandi dans un camp de Harkis, elle devient conductrice de bus, puis après avoir repris ses études :…
11 octobre 2026
Fiche personnalité "Monsieur Norbert Tafzi", ancien capitaine de vaisseau et commandant…
De matelot à capitaine de vaisseau, Norbert Tafzi a consacré quarante années au service de la France. Fils d’un ancien Harki…
13 octobre 2026
La newsletter de juillet à octobre 2026 de la Commission Harkis est parue
La Commission nationale indépendante Harkis (CNIH) publie son Bulletin d'information n° 11. Au sommaire, des informations…
12 octobre 2026
.jpg)
.jpg)